Les livres pour nourrir l’esprit… et le corps ? Retour d’expérience sur l’année 2020, dans mon assiette.

Pour ceux qui me suivent depuis un moment, vous avez peut-être vu apparaître dans mes romans, quelques prises de position « alimentaires » à travers mes personnages. Et je ne l’ai jamais caché : il y a toujours un peu de moi, de mes expériences ou réflexions dans mes héros.

Ainsi, dans « Suivre les vagues », Éléa clame être végane : elle ne mange pas de produit animalier.

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– Tu es végétarienne ? me demande Jules.

– Non… enfin, je ne mange plus de viande, mais ça n’a rien à voir avec le végétarisme.

Comme il tente d’en savoir plus, je m’explique :

– J’ai lu un livre avant de partir de Paris, écrit par Viktor Frankl qui a été déporté à Auschwitz. Son objectif était de présenter la vie des prisonniers, leur psychologie, et pourquoi certains ont survécu mieux que d’autres. Bref… je n’étais pas complètement ignorante sur le sujet, mais je n’avais jamais lu un témoignage aussi détaillé sur le quotidien dans les camps. J’ai été très touchée et j’en ai parlé avec Cathy. Vous vous souvenez de Cathy ?

Mes trois interlocuteurs acquiescent, tout en essuyant la vaisselle et en passant le balai. J’ai rencontré Cathy dans ma salle de sport à Paris et j’ai noué des liens d’amitié avec elle avant mon départ. Elle était d’ailleurs présente la veille de mon déménagement et je pensais secrètement que Louis finirait par se rapprocher d’elle. Ils iraient très bien ensemble… mais il faut croire que Louis n’a pas complètement tiré un trait sur moi. Sentant le regard insistant d’Aude, je reprends mon récit :

– J’ai expliqué à Cathy que je ne comprenais pas comment on pouvait détester à ce point un être humain, au point de lui faire vivre un tel enfer, de l’exploiter jusqu’à ce que mort s’ensuive et d’exterminer des millions d’innocents sans aucun scrupule. Nous avons longuement parlé, notamment de l’esclavage qui n’est qu’une autre façon de haïr une « race » et de la mettre à notre service, tout en la tuant lorsque nous n’en avons plus besoin…

Je soupire, jette un œil à mes amis qui m’écoutent avec attention.

– Cathy m’a alors dit : « Ce n’est pas très éloigné de ce que nous faisons avec les animaux aujourd’hui. Sous prétexte qu’ils sont différents de nous, nous les élevons dans des conditions parfois ignobles pour ensuite les consommer. » Elle n’a pas formulé cette phrase dans le but de me convertir au végétarisme, mais j’avoue avoir pris un coup. C’est… simplement un déclic. Bien entendu, avant je faisais attention à acheter de la viande élevée gentiment dans ma région, des œufs venus de poules élevées en liberté… Mais, depuis ce jour, je ne peux plus voir une tranche de jambon sans imaginer que l’on pèle le muscle d’un humain au rasoir.

Tout le monde fait soudain la grimace.

– Après tout, les vaches, les cochons… ce sont des mammifères, doués d’intelligence et de sentiments, comme nous… Enfin, je suis désolée, je ne veux pas vous dégoûter et vous empêcher de manger des grillades !

Il y a comme un froid dans la cuisine. Louis lance un regard à Jules, puis hausse les épaules.

– On peut se faire un barbecue végi, hein ? Tu en penses quoi, Jules ?

– Ça ne me dérange pas !

Je vais pour protester, ce n’était pas du tout mon intention. Aude pose une main sur mon bras.

– Ne t’inquiète pas. Je comprends ton raisonnement et ce que tu viens de dire me touche beaucoup. Je ne sais pas si je deviendrai végétarienne, mais cela m’ouvre les yeux sur une autre réalité.

Je souffle, gênée.

Découvrir "Suivre les vagues"

Résumé :

« S’affranchir de sa souffrance, de ses peurs, changer de vie… mais surtout, devenir enfin elle-même, Éléa en rêve. 

Sur la côte landaise, elle s’isole quelques jours pour trouver la force de décider de son destin, loin des diktats sociaux, de l’avis et du jugement des autres… Pourtant, sa rencontre avec Farès va mettre à l’épreuve sa détermination et la pousse à nouveau vers la facilité de vivre sous la dépendance de quelqu’un.

Par amour, Éléa nage ainsi à contre-courant de ce qu’elle aspire à être vraiment, au risque de définitivement se perdre. Avant qu'il ne soit trop tard, Éléa parviendra-t-elle à s'affirmer et à reprendre sa vie en main ? »

 

Au moment d’écrire ces lignes en 2019, je ne l’étais pas moi-même, je mangeais des produits laitiers à tous les repas et de la viande au moins une fois par jour.

Mais ça me chiffonnait : est-ce qu’Éléa avait raison ? Est-ce que c’est excessif de devenir végane ? Un effet de mode peut-être ?

Puis, j’ai vu un reportage sur Netflix (The Game Changer) à charge contre les produits animaliers, et ça m’a vraiment travaillé. ^^

Tester par soi-même et ne pas se laisser influencer : 1 mois végan.

Et vous savez quoi ? Pour se faire sa propre opinion, il n’y a pas mieux que de tester par soi-même ! Alors, il y a un an j’ai décidé de tester un mois d’alimentation végane, sans œuf, produits laitiers ou viande. 

Ce n’était pas par conviction écologique. C’était juste l’envie de voir par moi même comment fonctionnait ce mode de cuisine et voir si cela impacterait mon humeur, mon niveau d’énergie, etc.

Finalement j’ai découvert une chose qui a tout changé pour moi en 2020 : 

… pas que je pouvais sauver le monde ni que j’avais une énergie de dingue... Mais que cuisiner sans produits animaliers, c’est super simple et pas du tout ennuyant !

En effet, au début, j’avais de gros a prioris sur la cuisine végane : je pensais manger des racines toute la journée.

Amandine végane, un délice ! A découvrir ici

Prise de conscience

En réalité, oui, j’ai mangé plus de légumes, mais ça m’a surtout forcé à diversifier mon alimentation. Tout bêtement, aujourd’hui, je ne mange presque plus de pâte et de riz (source essentielle dans mon alimentaire d’avant), et je mange de l’épeautre, du quinoa, des lentilles et du soja sous différentes formes.

Et je me suis rendu compte qu’un repas sans viande, ce n’était pas un repas ou il manquait quelque chose, que je pouvais m’éclater les papilles sans ça...

Une évolution personnelle : trouver l’équilibre qui ME convient.

Après ce mois d’expérience, je n’ai pas repris mon alimentation d’avant, mais je ne suis pas restée « végane » pour autant.

Je suis juste devenue encore plus sélective sur l’origine des produits animaliers (ultra local et ultra petite exploitation + bio) et j’en consomme énormément moins.

Je mange ainsi des œufs (10 dans le mois), j’ai une plaquette de beurre qui fait généralement plus d’un mois, et du fromage juste pour râper sur les pizzas (j’avoue que la vie sans fromage, c’est quand même difficile).

Je ne mange plus de yaourt (ni au soja d’ailleurs) et je ne bois plus de lait de vache (j’achète 3 litres dans l’année pour les recettes très spéciales). Et parfois je fais des bonus : saucisson, morceau de viande (même pas une fois par mois), raclette...

Le tout n’est pas de me priver, de me frustrer. Le tout est de faire ce qui me fait plaisir et me semble correct par rapport à mes croyances.

Changer des habitudes : le plus compliqué.

Mon alimentation a donc changé en 2020, à la fois par conviction, car, oui, dans le fond je ne pense pas que ça soit bon de manger de la viande à tous les repas ni pour moi ni pour la planète et aussi, parce que j’ai pris l’habitude de faire sans ces produits animalier.

Je pense que c’est la chose la plus importante dans tout ça : si je n’avais pas fait ce test « végan », je serais restée coincée avec ma routine alimentaire et mes a priori, alors qu’en 2019, je faisais dire à mon héroïne ce que je pensais tout bas : ça serait bien de changer.


Si jamais vous souhaitez, vous aussi, diminuer votre consommation de produits animalier, j’ai découvert un site « France Végétalienne » qui est vraiment génial : les recettes sont simples, les produits utilisés aussi, et je n’en ai jamais loupées aucune (je peux vous dire que je n’ai pas fait des études de cuistot et que la popote, c’est comme les plantes, ça foire une fois sur deux).

Ils ont aussi un livre que j’ai offert à mon conjoint (et donc un peu à moi-même) pour Noël que vous pouvez voir ici : 

Petite parenthèse astuce : dans les recettes véganes, il y a souvent des « crèmes végétales » pour remplacer la crème fraîche : je n’en ai jamais, donc je mets du lait végétal avec de la maïzena pour remplacer 😉


Vous l’aurez compris, le but de cet article n’est pas de vous convertir à quoi que ce soit, c’est juste une réflexion, une porte ouverte sur d’autres façons de voir les choses, une invitation, peut-être à tester par vous-même.

Signature Anaïs Weibel
À propos de l'auteur

Depuis 2015, je me dédie à ma première passion : l’écriture. J'aime les aventures humaines, riches en émotion et porteuses d'espoir. Et j'aime surtout partager cet enthousiasme avec mes lecteurs ! En effet, pour moi, pas besoin de lire pour rêver et fuir la réalité : Vivons. Nos rêves sont à portée de main et la lecture est aussi là pour nous montrer comment !

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Je vous enverrai parfois des e-mails plein de bonne humeur, des textes gonflés d'espoir.

Un peu de moi en somme, pour vous transmettre de mon énergie dans un quotidien parfois pénible :)

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