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Suivre les vagues

Tome 1 : A contre-courant

SORTIE EN JUIN 2019

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Extrait

Eléa a pris la décision de partir au bord de l’océan… pour la première fois, seule. C’est une épreuve pour elle qui déteste la solitude et faire face à elle-même. 

‹‹ Le vent me gifle le visage, ma peau est déjà anesthésiée par le froid, mais je peux encore sentir les fines gouttelettes d’embrun. Je regarde devant moi les kilomètres de plages vides et la peur me prend à nouveau en étau. Pourquoi ? Aucune idée. Ici, il y a de la vie, des humains, ça me rassure. Là-bas, je ne vois personne, à part ce rocher qui se démarque. Pour me donner du courage, je me fixe cet objectif et rejoins la masse noire en une dizaine de minutes. 

J’ai passé ce rocher hier en allant au centre d’activité et cette fois, je grimpe dessus. Personne à des centaines de mètres à la ronde, lentement, je déploie mes bras comme si j’allais m’envoler. J’ai entendu dire de ma prof de chant qu’on ne faisait pas ce geste assez souvent : s’étendre. On a pris l’habitude des petits espaces, petits mouvements. On est oppressé par la vie et on se ratatine sur nous-mêmes. Le simple fait d’être face à cette étendue d’eau bleue, les bras tendus est gênant… mais enivrant. Je ferme les yeux, inspire l’air gelé. J’ai une idée qui me fait sourire : et si je criais ? Il paraît que c’est libérateur. J’ai déjà hurlé, mais de colère, en défonçant des pieds de maïs avec un bâton, en appuyant sur l’accélérateur dans une ligne droite… Et si aujourd’hui je criais… de libération ? J’essaie un vague « ouhou » et éclate de rire en regardant autour de moi. Je me mets à parler toute seule et j’ai l’impression d’être folle, pourtant personne n’est là pour en témoigner. Je recommence en criant plus fort et à nouveau, je ris sans retenue. Une vraie crécelle ! ››

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