L’appel du corps et l’urgence de lever le pied : temoignage sur un burn out qui m’a prise par surprise !

Malgré les signes, c'était la dernière chose à laquelle je m'attendais : faire un burn-out et devoir faire une parenthèse dans tous les projets qui me tenaient à coeur. Pourtant, c'est bien ce qu'il s'est passé et c'était d'autant plus difficile à voir venir que je suis indépendante et je gère mes journées comme bon me semble. C'est donc bien moi qui suis à l'origine de ce surmenage ! Alors que j'avais l'impression de faire attention, de m'écouter, de me reposer. Mais c'était trop ponctuel et mon corps a fini par tirer la sonnette d'alarme : fin mars, début avril 2021, malgré 10h de sommeil par nuit, mon cerveau refusait d'encaisser plus d'information.

Dans cet article, je reviens pour vous en toute transparence sur cette étape de ma vie d'auteur. Vous pouvez y voir comme un témoignage sur le burn out. Mais pas de mélodrame pour autant ! Le but est d'en apprendre quelque chose et une fois encore, d'avancer, de repartir du bon pied. Comme mes personnages. 🙂

Une annonce surprenante sur les réseaux sociaux

Quand j'ai réalisé que j'allais devoir arrêter de travailler pendant au moins un mois et limiter toutes intéractions pour me reposer, ça m'a fait mal au coeur. Je n'avais pas envie de quitter ma communauté, d'arrêter mes posts, mes emails. Sauf que c'était nécessaire.

Alors, le 1er avril 2021 (et non, ce n'était pas un poisson d'avril !), j'ai fait un post sur Facebook pour annoncer que je devais prendre du recul sur mes projets. C'était un post assez bref, car je n'étais pas capable d'expliquer tout ce qui m'arrivait.  

Mon but n'était pas du tout d'alarmer qui que ce soit. Je voulais juste dire les choses, en toute transparence. Car pour moi, la sincérité passe aussi par avouer quand ça ne va pas, au lieu de construire une image parfaite de l'auteur "à succès".

D'ailleurs, je n'ai réalisé que plus tard l'importance que ça pouvait avoir pour ceux qui me suivaient : par exemple, de nombreux auteurs ou lecteurs m'ont remercié d'être aussi honnête et que ça les rassurait par rapport aux difficultés qu'ils ressentaient eux-même parfois. J'ai souris, et je me suis dit que c'était dans la continuité de mes romans, sauf que cette fois, c'était bien de mon histoire dont il s'agissait. 🙂

Quelques explications sur ce qui m'a amenée au burn out

J'ai reçu de nombreux messages de soutien et d'encouragement, j'ai pris le temps de me poser, de réfléchir à cette épreuve, à laquelle je ne m'attendais pas. Aujourd'hui, je persiste à dire que "tant qu'on n'a pas fait un burn out, on ne peut pas savoir ce que c'est !".

Alors, toujours dans une optique d'être sincère et pour rassurer ceux qui s'inquiétaient vraiment à cause du peu de détails donnés dans mon post du 1er avril, j'ai décidé de retracer les semaines et les mois qui m'avaient amenée à un tel état de surmenage, dans un post du 11 avil que je vous remets ci-dessous :

« Tout va bien 😊 J’ai été très touchée par vos messages suite à mon post du 1er avril au sujet de ma « pause d’urgence », mais je ne voulais pas vous inquiéter. 😌

C’est vrai que je n’ai pas donné beaucoup de détails… à ce moment-là je n’étais pas encore capable de mettre de mots sur ce qui m’arrivait. Alors aujourd’hui, je vous en dis un peu plus sur les raisons qui m’ont poussé à « écouter mon corps et lever le pied ». Rien de grave, rien à voir avec la covid… je me suis juste surmené. 😬

Sans trop m’en rendre compte je suis passée du « ça me fait plaisir » à « je dois », et je suis tombée dans une spirale de « il faut » tous azimuts. J’ai multiplié les projets, les idées, mon cerveau turbinait et posait 150 questions à la minute (et si je faisais ça, oui mais et si ? Et pourquoi pas ça ?…) en boucle. Et ce, dans le professionnel, autant que dans le personnel. 🤪

Ça ne s’est pas fait en une semaine, mais petit à petit au fil des mois. Les confinements, l’incertitude liée à la crise sanitaire, l’impossibilité d’aller au resto, à la salle de gym n’ont pas aidé, c’est certain. Et j’ai fini par m’oublier. J’ai fini par oublier de prendre des moments pour ne rien faire, des moments pour m’aérer l’esprit.

Bien sûr, j’ai eu quelques sonnettes d’alarme que je n’ai pas écoutées. Déjà, j’étais très fatiguée avant Noël, mais je mettais ça sur le dos d’une perte de poids que j’allais rattraper avec les fêtes, ce que j’ai fait. 😛 Mais à la rentrée, ça n’était pas beaucoup mieux : au milieu de l’après-midi j’avais parfois l’impression qu’il était 3h du matin, je gérais de moins en moins bien le stress, je devenais ronchon à la maison, je m’agaçais à la moindre contrariété…

Je suis partie en vacances voir ma famille en me disant que ça irait mieux, là aussi. Sauf que j’étais tellement heureuse de voir mes proches que là encore j’en ai trop fait : beaucoup d’activité physique, de bavardages, d’émotions qui finalement, contrairement ce que je pensais, ont fini d’épuiser mes réserves.

Deux choses m’ont fait prendre conscience ce l’état dans lequel j’étais et de l’urgence de faire une pause à la fin mars. 😕

D’abord, mon incapacité à conduire : je n’arrivais plus à gérer toutes les infos sur la route, ça m’angoissait et après 30 minutes à peine, je me sentais aussi épuisée qu’après 3h de conduite en plein Paris. Ça m'a vraiment alarmée de ne plus réussir à gérer un simple trajet et de finir sur les rotules à la moindre activité.

Puis, il y a eu cette discussion avec une copine...

Je lui avais dit que je n’étais pas en forme, elle m’a proposé de nous voir. Je l’ai retrouvée j’étais au bout du rouleau, presque hagarde. On a papoté un peu, j’ai commencé à mettre des mots sur ce que je ressentais, puis je me suis mise à pleurer. Je lui ai dit que j’étais épuisée et que je n’en pouvais plus. Simplement plus, que je ne voyais pas comment continuer tout ce que j’avais prévu / promis de faire, que je m’en voulais… bref, ce n’était plus possible.

Discuter avec mon amie m’a fait un bien fou, car j’ai pu lâcher mon sac et prendre conscience de ce que je traversais : surmenage, burn out, qu'importe. J’ai compris que faire un jour de pause par semaine (où mon cerveau turbinait toujours autant) ce n’était pas suffisant. Et j’ai réalisé qu’il était grand temps que je mette mon cerveau au repos !

Alors j’ai fait ce post le 1er avril, pour vous dire que malgré toute ma bonne volonté, ça n’était pour l’instant impossible de travailler sur mon 8e roman et sa sortie.

Depuis, ça va mieux 😊

J’ai commencé par dormir un nombre incalculable d’heures à tout moment de la journée. J’ai repris le yoga et la méditation. J’ai jardiné. Je suis restée de longues minutes au bord du Gave à ne rien faire et à écouter les oiseaux. Ça n’était pas gagné au début, mon esprit me tirait sans cesse vers mes histoires à écrire, à finir, à sortir, les emails que j’aimerais rédigés… J’étais nerveuse de ne « rien faire », puis petit à petit j’ai retrouvé mon calme. Une forme de sérénité que je n’avais pas ressentie depuis longtemps. 😌

Maintenant, j’ai encore quelques semaines devant moi pour ancrer ces sensations et réinventer mon quotidien pour ne pas retomber dans ce genre de spirale. Pour revenir au « plaisir » et à la simplicité. À la lenteur aussi. Faire les choses calmement, avec du recul et le sourire. ✨ J’aurai une nouvelle énergie et donc de nouveau de l’inspiration pour partager avec vous ce qui me tient à cœur. 🥰

Donc, pas d’inquiétude. Vous l’aurez compris, je ne peux rien promettre pour mon 8e roman. Pour autant, j’ai le droit à 1h de travail par jour 😉 !

Je ne souhaite pas écrire et me perdre dans mes personnages pour rester concentrée sur moi, mais j’avance sur des petites choses qui ne me fatiguent pas (ma capacité de concentration et mon énergie sont encore limitées).

Par exemple, je réfléchis à la couverture de mon 8e roman (et ce n’est pas rien car elle sera déterminante pour fixer la date de sortie !), je m’occupe de faire réimprimer certains exemplaires (dont la nouvelle édition de « Débolis Héyavé »). J’ai des histoires qui naissent dans un coin de ma tête et je les laisse vivre sans les coucher sur le papier. Si elles sont si bien, elles seront toujours là plus tard. 😊

Voilà. Vous savez tout. Et bien sûr, je pense à vous ! 😃 J’espère que vous avez de belles lectures et que vous prenez soin de vous, vous aussi.

Je ne manquerai pas de repasser par là bientôt pour vous parler de cette nouvelle couverture de « Débolis Héyavé ». Après 4 ans de recherche, j’ai enfin trouvé celle qui me convenait à 100%. 😉

Toutes mes pensées et beau dimanche

Anaïs »

Se donner du temps

Dix jours plus tard, je commence tout juste à récupérer, mes siestes inopinées s'espacent et je suis très tentée de me remettre au travail un peu plus qu'1h par jour. Mais je le sens : ce n'est pas encore le bon moment. La fatigue revient vite, un fond de stress (le corps qui dit "non, non, mauvaise idée).

Alors, j'ai pris mon jocker d'1h aujourd'hui pour écrire cet article et je vais devoir me résoudre à en rester là, à attendre demain pour écrire un email à mes lecteurs sur cette fameuse nouvelle couverture de "Débolis Héyavé" qui est enfin prête !

Couverture 2016

Couverture 2021

Et je ne suis toujours pas en mesure de dire quand j'aurais l'énergie nécessaire pour préparer la sortie de mon 8e roman (reprendre les corrections, organiser la prévente avec les packs spéciaux 😉 ) mais je vous promets de vous tenir au courant.

En attendant, prenez soin de vous et ne faites pas les mêmes erreurs que moi. 🙂 J'espère que ce témoignage sur le burn out vous en préservera.

Signature Anaïs Weibel
À propos de l'auteur

Depuis 2015, je me dédie à ma première passion : l’écriture. J'aime les aventures humaines, riches en émotion et porteuses d'espoir. Et j'aime surtout partager cet enthousiasme avec mes lecteurs ! En effet, pour moi, pas besoin de lire pour rêver et fuir la réalité : Vivons. Nos rêves sont à portée de main et la lecture est aussi là pour nous montrer comment !

  • Je connais que trop bien, j’ai géré une santé défaillante et deux années de boulot avec sept sorties livresques d’un début à l’autre. Ajouté à cela le covid et un déménagement assorti de quatre enfants et au mois d’octobre anémie et perte de concentration. Je pensais avoir bien géré et me revoilà en avril avec un corps qui ne veut plus se réveiller, un cerveau qui bute sur les mots, les phrases. Je ne peux effectivement que de te conseiller de lever le pied, car quand la machine ne veut plus, il n’y a rien à faire. Puis ce serait bête la vie est si belle et tu as encore tellement de choses à partager avec tes lecteurs. Courage bisou

  • Bonjour Anaïs, tu décris bien tes ressentis et sensations. C’est déjà un grand pas vers le mieux être. Continue à t’écouter à chaque instant, tu en ressortiras grandie et différente.
    Je pense bien à toi.
    Chaleureusement,
    Sylvia.

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    Je vous enverrai parfois des e-mails plein de bonne humeur, des textes gonflés d'espoir.

    Un peu de moi en somme, pour vous transmettre de mon énergie dans un quotidien parfois pénible :)

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